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Traditionnel Gnawa
Interprété par Adelali El Haouni

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Un film en musique

Bethsabée, alias Bébé, a dix-sept ans, l'âge des possibles, de la révolte et des adieux prolongés au monde de l'enfance.

Dix-sept ans, c'est aussi l'âge de la musique, une musique générationnelle, revendiquée comme un signe de reconnaissance, omniprésente parfois même au point de passer inaperçue : sonnerie de téléphone, radio dans la salle de bains… Bébé rejette cette musique lorsqu'elle devient envahissante et agressive : elle ne supporte pas le hard rock libératoire de son grand frère et préfère regarder les chaînes musicales le son coupé.

Heureusement, en musique comme ailleurs, Bébé a ses jardins secrets qui reflètent ses états d'âme, sa curiosité et sa sensualité. Elle trouve dans les chansons de M (Mathieu Chédid), écoutées au casque ou dans le secret de sa chambre, ce qui lui fait parfois défaut dans son quotidien : de la tendresse et de la légèreté, une mélancolie en harmonie avec la sienne. Elle danse jusqu'à l'indécence sur des musiques modernes et épicées mais trouve aussi dans la musique gnawa un écho à sa nostalgie d'Essaouira, si éloignée de la grisaille parisienne. Elle goûte la sensualité du R&B actuel, chante le gospel avec ses amies et la simple évocation de Ben Harper, le chanteur guitariste humaniste, déclenche en elle une envie irrépressible de sourire. Et quel sourire !

Toutes ces musiques, jouées, écoutées ou dansées en situation sont prises sur le vif, enregistrées en direct, toutes disent quelque chose de Bébé et de son époque, sans apprêt et sans licence poétique.

A côté, mais bien distincte, il y la musique du film, à égale distance de toutes les autres, ni d'ici ni d'ailleurs, ni d'hier ni d'aujourd'hui. A partir de quelques instruments au sonorités sèches et intimes (guitare acoustique en métal, banjo, violoncelle joué au doigt, percussions, voix murmurée…), elle accompagne les mouvements de Bébé comme le ferait une amie, au diapason de ses hésitations, de ses fièvres, de sa solitude et de ses rires intérieurs. Elle n'annonce rien, jamais elle n'accentue ni ne souligne : elle est l'écho du cœur de Bébé, à la fois dans son assurance et sa fragilité, comme une horloge interne qui aurait choisi de jouer sur plusieurs notes.

L'univers musical de Bébé vient fusionner avec la musique originale du film dans la chanson du générique de fin : Epices. Salomé Blechmans, interprète de Bébé et auteur du journal intime fictif qui a donné naissance au scénario, s'est entourée d'amies présentes dans le film pour en écrire le texte et le chanter à plusieurs voix . Silvain Vanot, compositeur du film a écrit une musique contemporaine et dansante et s'est entouré de deux musiciens d'exception : Vincent Segal et Cyril Atef, accompagnateurs de M et collaborateurs épisodiques de Ben Harper. La boucle est ainsi bouclée et le film s'achève comme il n'a cessé d'être : ni comédie musicale, ni film musical mais film en musique.

 


Qui de nous deux
Un film de Charles Belmont d'après "Le Journal de Bébé" de Salomé Blechmans

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