Le Blog des copines

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dimanche 3 décembre 2006

Prix Michel Simon

Autre bonne nouvelle, j'ai été, avec 4 autres jeunes comédiens, sélectionnée pour un travail de trois ans, sur le métier de comédien, avec des comédiens pro (Mathieu Amalric, Maryline Cantelot...) des débats sur le statut d'intermittent, des ateliers, une Master class, la création d'un projet en association avec des comédiens burkinabés, une création théâtrale pour le festival d'Avignon... Une aventure vraiment exceptionnelle (je vous tiendrai au courant au fur et à mesure) qui j'espère nous guidera en premier lieu au festival de Ouagadougou en février !! -- A cette occasion, les 5 films des lauréats sont projetés à St-Denis à L'Ecran le week-end du 13 janvier, et "Qui de nous deux" est programmé pour le 13 à 14h00 alors vous êtes tous les bienvenus !!!!

AFI FEST LOS ANGELES NOVEMBRE 2006

Everybody comes to hollywood......

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dimanche 8 octobre 2006

El Universal 23/09/06 Padre et hija filman Cual de los dos ?

lundi 12 juin 2006

RÉACTION D'UNE SPECTATRICE : D. NAUDIER

Je voulais vous dire combien j'avais apprécié "Qui de nous deux" ce film sur cette période de transitoire entre la fin de l'adolescence et le début de l'ère "adulte" est pour moi, une sorte d'apprentissage de la solitude, même si au fond la solitude nous accompagne depuis plus longtemps que cela et pour encore longtemps ! J'ai été saisie par les scènes de trajets en bus (le 62 est également la ligne qui m'a transportée et que je prends désormais à l'occasion), alors je me suis souvenue de ces rêveries et mises au point solitaires où la promiscuité sert le repli sur soi, et peut être propice à un certain isolement, isolement agréable quand tout à coup l'on oublie ce quotidien pour s'évanouir dans nos pensées, musicales ou silencieuses! J'ai beaucoup aimé aussi les magnifiques tableaux de jeunes femmes endormies ou encore ceux des bords de Seine. Bref, c'est toute une ambiance que j'ai beaucoup aimé. Ce film m'a fait penser, mais je ne m'en souviens plus très bien, au film de B.Bonello, "Le pornographe", uniquement sans doute à cause du thème de la filiation entre parents ayant vécu mai 68 et leurs enfants adultes dans les dix dernières années. Au fond, la question est : qu'est-ce que ça produit comme enfants les "gauchistes", comment composer avec la tradition, avec les règles, avec ce que l'on a remis en question comme représentant l'ordre bourgeois et patriarcal ? C'est pourquoi, j'ai été très intéressée par la manière dont Salomé -puisqu'elle a écrit le texte- pense les relations dans cette famille. (À moins que l'adaptation de Charles ait modifié ce que je ne crois pas ?) Tout cet ensemble de règles qui fixe un cadre, ritualise tous les moments de vie est très présent dans la mise en scène. Mais aussi, dans cette autofiction, le fait de s'inventer un frère qui tient le rôle traditionnel du chaperon, le frère aîné qui surveille la petite soeur, que les parents mobilisent pour contrôler/encadrer le "joyau": la jeune pubère (vierge peut-être/ la conversation entre amies sur le sujet est passionnante : qui l'a fait ou pas ? Mais surtout qui raconte la vérité ?) sacrée, qu'il ne faut pas profaner, violer (d'où aussi la scène de tentative de viol, scène très dure qui montre à l'extrême la vulnérabilité de cet âge où il faut se confronter à toutes les expériences qui sont autant de deuils, de chocs...). Donc concernant, les rapports frère/soeur, père/mère, il m'a semblé que la conception des rôles, des attributions respectives homme/femme, aîné/cadette étaient assez traditionnels. Voilà, j'aurais encore des choses à vous dire (il me faudrait revoir le film!), c'est un mot spontané de lundi matin rédigé rapidement. J'ai vraiment beaucoup apprécié ce film, film d'apprentissage où même si le temps a passé depuis qu'on l'a vécu, l'on se prend à s'identifier à Bébé !

jeudi 8 juin 2006

PARIS MATCH 24 MAI 2006 TALENTS "SALOMÉ BLECHMANS N'EST PLUS UN BÉBÉ"

dimanche 21 mai 2006

PREMIÈRE ** Ode à l’adolescence

Demoiselle de 17 ans à peine cachée derrière le prénom de Bethsabée, Salomé Blechmans, fille du réalisateur, est l’auteur du journal intime qui tisse la toile de ce portrait qu’elle interprète également. La justesse est donc au rendez-vous de cette ode à l’adolescence fourmillant de scènes cocasses : soirées entres copines ; relations avec les parents ; les amourettes déguisées en amours… témoignage joyeusement bricolé d’une époque et d’une génération, plus réussi quand il ose coller au réel que lorsqu’il tente de « fictionner », Qui de nous deux vous rappellera soit quelque chose (de votre passé proche) soit quelqu’un (de votre entourage immédiat). I.D.

Lettre d'un spectateur : Guy Benisty 42 ans, 3 enfants, homme de théâtre

Nous avons reçu mon père, ma mère et moi, une lettre d'une personne de notre connaissance dont la vision du film est si personnelle que nous lui avons demandé de mettre sa lettre en ligne, ce qu'il a accepté volontiers pour peut-être rencontrer d'autres réactions voisines. La voici. Guy Benisty 42 ans, 3 enfants, homme de théâtre

"Chers vous trois,

Il faudrait écrire à chacun de vous, peut-être une autre fois, pour ne pas attendre, je fais un lot commun avec quelques lignes pour vous remercier tous les trois (…), vous remercier de cette forme particulière de sincérité qui habite le film. Cette sincérité qui va jusqu’à la maladresse assumée, jusqu’au risque pris avec soi-même, cette sincérité courageuse et impudique d’artiste qui paye sa livre de chair.

Je disais que si ça n’avait pas été vous, je serais peut-être sorti avant la fin. Non pas parce que le film ne me plaisait pas mais au contraire parce qu’il me bouleversait, parce qu’il m’invitait pour un temps à détendre le blindage qui me permet chaque jour de contenir cette folie de vivre en ayant fait des enfants.

J’ai pensé à mes enfants, en d’autres circonstance peut-être me serais-je blindé contre la violence du film. Contre les terreurs et les questionnements qu’il suscite. La violence, j’ai écrit la violence, il faut expliquer, je parle de la violence d’avoir des enfants et de savoir confusément qu’il faut les laisser avancer seul sur cette terre de granit. Les miens ne sont pas encore à l’âge où l’on étend ses ailes, mais en voyant votre film je sais qu’il s’avance inexorablement vers ce moment. Votre film tient le programme de sa première à sa dernière phrase, c’est un film initiatique et comme disait Jean Eustache, on y apprend à vivre, c'est à ça que servent les films, j’y ai appris que mes enfants allaient grandir que ça va me faire peur et peut-être me faire mal, c'est toujours bien d'apprendre quelque chose!

Le film est particulièrement touchant en raison des visions croisées et pourtant irréconciliables qu’il propose aux spectateurs. Le spectateur est écartelé entre plusieurs identifications qui ne coïncident pas et cela provoque une tension tout au long du film. Identification sans cesse proposée avec le personnage de Béthsabée et identification avec ceux qui la regardent avancer sur ses guiboles mal assurées, avec la peur de la voir tomber qui tenaille le ventre.

Je crois que j’ai été particulièrement sensible à cela parce que je voyais le film entouré de mes enfants en sachant qu’ils ne voyaient sûrement pas le même film que moi. C’est ça un film familial ? Un film que les interprétations différentes et inconciliables de chaque spectateur déploie à l’infini. On est touché individuellement et familialement par une œuvre collective, signée, scellée par des individus irrémédiablement séparés. Je sais que c’est aussi et surtout ce que vous y avez mis de vous qui rend le film troublant et touchant. Il m’a rappelé que même si un père doit se vêtir d’une armure et ne jamais relâcher sa concentration, ne rien montrer de sa peur, il faudra aussi qu’il se souvienne des inconvénients d’une armure.

“Qui de nous deux ?” ouvre une voie dangereuse où deux générations montrent (se montrent) qu’il est possible d’advenir autrement que sur le mode du parricide. Pour un film de genre, adolescent post post soixante-huitard héritier d’Eustache de Rivette, de Dugowson c’est beau et c’est nouveau.

Bravo à vous tous et chacun d’entre vous."

		

Le Monde Jean-Luc Drouin "Une juste distance entre fiction et documentaire, introspection et comportement social."

Une adolescente entre en première au lycée Claude-Monet ) à Paris. Elle tient son journal intime. Confie routines et rejets. Les copines d’un côté, les parents, les profs de l’autre. Fermée à la famille, aux adultes et ouverte à l’aventure, aux booms, aux garçons, Bethsabée est égocentrique, entière, en proie au doute. Elle veut tout, tout de suite ; elle est idéaliste, romantique. Un garçon la déçoit. Elle se met à rêver à R ., un beau gosse, photographe… Charles Belmont a signé de beaux films dans les années 1970 : Rak sur la mort d’une mère, Histoires d’A, sur la libéralisation de l’avortement. Il a adapté ici un texte de sa fille, qui interprète le rôle principal. Il trouve une juste distance entre fiction et documentaire, introspection et comportement social.

jeudi 18 mai 2006

un doux parfum de province..... :-)

je reviens d'une semaine en province avec mon père pour présenter le film, et vraiment c'était .... magique! je vais essayer comme je peux de vous le narrer...

Au festival de Troyes, (Marie est là) regards charmés, sourires enjoués ils ont aimé, même adoré, dans cette belle ville illuminée ! Petit concert manouche... heureux, on se couche!

A Dijon, c'était tout bon : classes enthousiastes, adultes conquis ; premières dédicaces (c'était coquace!), public loquace!! Merci Mathias (les moutardes ont ravis mes collocs!)

A Nantes, ça nous enchante : ils sont plus silencieux mais les mêmes étoiles dans les yeux. Maxime mon "frère", quel plaisir de l'entendre parler Charles mon père, ému de ces succès

A Tours, on nous le dit sans détours : ils sont ravis, nous remercient ; on trinque, on parle, on rit, on sent, toutes ces personnes ont été touchées et nous le disent et moi je ne sais même pas si je réalise..........!

Vraiment, c'était extraordinaire de parler avec ces personnes, d'âges et de milieux differents! Petite confidence : parfois, en lisant des critiques ou en parlant avec des personnes qui ont beaucoup aimé le film, je me rend compte qu'en écrivant je n'ai absolument rien calculé, et ces personnes me font voir des choses du scénario que je n'aurais jamais vu.........Délicieux. zen veux encore!!!

la photo : le Peloponnèse, région de Grèce qui m'a tellement charmé!

Cannes junior!!!!!!!!!!!

Bonjour bonjour ! Alors jolie nouvelle, le film est selectionné à Cannes junior, et il y aura une projection suivit d'un débat le vendredi 26 mai à 14h, au cinéma "Malmaison"(boulevard de la croisette si je ne me trompe), alors venez nombreux ça va être spécial!!!!!

encore une photo de ce bijou de ville

Site de l'Église catholique à Lyon . Magali Van Reeth : Qui de nous deux ? est un film rare à découvrir absolument.

C’est une lycéenne d’aujourd’hui, qui entre en 1er L dans un nouveau lycée. Elle écrit un journal intime, qu’elle porte toute la journée dans son sac à dos. Les deux sont une carapace intime et un exutoire. Elle s’appelle Bethsabée et tout le monde l’appelle Bébé, ce qui ne semble pas la gêner. Qui de nous deux ? est un film rare qui aborde l’intimité d’une adolescente et nous la dévoile avec une extrême pudeur et sans aucune vulgarité. Il y a dans les images de ce film une véritable élégance dont le réalisateur Charles Belmont ne se départit jamais. Sans doute par respect pour ce personnage, pour cette période difficile que Françoise Dolto appelait le temps du homard car le jeune doit, tel le crustacé, changer de carapace pour entrer dans sa vie d’adulte.

Alors Bébé note dans son journal ses émois et ses désarrois. La vie au lycée qui prend tant de place et où les sonneries qui rythment les cours sont toujours trop agressives. Les garçons qui sont trop beaux ou trop bêtes, les copines indispensables. La musique, celle de Ben Harper ou d’autres, qui a tant d’importance pour elle. Il y a aussi les parents et leur drôle de fonctionnement, les copains des parents, complètement étranges. Les profs dont on se moquent et ceux qui impressionnent. Et quand la mort survient soudain, quelle attitude avoir ? Bébé ne s’est même pas comment s’habiller : elle met du noir, trop de noir, et son frère la traite de gothique. Ses maladresses nous touchent, comme son incapacité à aider sa mère lorsqu’elle la sent triste. Ses rébellions fondent devant une tarte au citron meringuée. Filmer un journal n’est pas facile car il faut trouver un ton, une écriture très personnelle. Avec Qui de nous deux ? Charles Belmont fait un travail remarquable, juste, pudique et soigné. Son interprète principale, Salomé Belchmans incarne avec bonheur une jeune fille contemporaine dont les questions résonnent dans les adolescences de tous les spectateurs. Les scènes quotidiennes dans le bus, qui amène inexorablement et quotidiennement au lycée, sont des petits bijoux qu’on n’oubliera pas de sitôt.



Qui de nous deux ? est un film rare à découvrir absolument.

dimanche 14 mai 2006

aVoir-aLire.com Laura Moscoso *** Une introspection de l'adolescence très touchante, juste, drôle et émouvante.

L’argument : Ecrit et joué par une jeune fille de dix-sept ans, ce film est un journal intime, celui d’une lycéenne qui entre en première au lycée Claude Monet à Paris : Salomé Blechmans, la propre fille du réalisateur.

Notre avis : Bethsabée Pasolini, dite Bébé dans le giron familial, a dix-sept ans. A cet âge-là on est pas encore une femme, on est plus tout à fait une enfant. Pour beaucoup c’est l’âge de la révolte, pour d’autres un état de semi-léthargie qui les éloigne un peu plus chaque jour de la réalité. Pour la plupart comme Bethsabée, c’est l’âge où l’on est le plus en proie à des sentiments violents, contradictoires, intenses, qui font passer de l’émerveillement le plus pur à de troublantes périodes de crise, de véritables remises en question. Passage obligé de tout adolescent qui "subit" l’apprentissage difficile, mais beau en même temps, de sa maturation. 
Moins frivole et confiante qu’une B.B. pleinement consciente de ses charmes, plus douce qu’un personnage implacable de tragédie grecque, la charmante jeune fille au caractère déjà bien trempé fait comme elle peut pour avancer dans la vie et se trouver. Sa quête initiatique commence au sein de ce nouveau lycée dont elle devra tâcher pour une fois de ne pas se faire expulser pour contenter ses parents, cela va sans dire, mais avant tout, même si elle ne le sait pas encore, elle-même. 
Dans ce très joli conte moderne, d’autant plus touchant et juste que la caméra de Charles Belmont ne semble jamais comme il aime à dire "installée" et que le jeu et le texte de sa propre fille, délicieuse Salomé Blechmans, actrice-auteure bourrée de talent, parviennent à nous immerger dans un monde d’immédiateté, les tensions desservent l’écoulement de la vie.

Tensions qui ne sont pas seulement créées par la difficulté de Bébé à se plier aux règles familiales, académiques, à comprendre ce qu’elle ressent vraiment pour Simo, à l’agression qu’elle subit un soir en discothèque, mais surtout par "ce qui est montré, et ce qui est dit par la voix intérieure", reflets des états d’âmes de Bethsabée 1, ainsi que par la relation conflictuelle qu’elle entretient avec son grand frère. Le jeune homme semble tellement à des kilomètres de son besoin de quiétude, de son goût pour l’écriture et de ses rêves, que seule la mort d’un proche paraît pouvoir les rapprocher.
Et pourtant, la fratrie a plus de porosité qu’elle ne le pense. En chacun d’eux, il y a ce bout de femme et ce bout d’homme qui ne demandent qu’à jaillir, à s’exprimer, quand bien même le frère reste beaucoup plus en retrait que sa sœur. Contraires et consubstantiels, Charles Belmont nous donne à voir, à ressentir, un même individu, côté face et côté pile, tiraillé et porté par ses mulptiples et magnifiques facettes. On ne se lasse pas de se coucher et de se réveiller avec ces acteurs pour la pupart non professionnels et criants de vérité, Bethsabée, en tête, mais aussi ses amies, qui sont celles de Salomé dans la vie. On ne regarde pas cette famille évoluer dans la vie, on en fait partie comme Clément Sibony - interprète du mystérieux et singulier beau jeune homme à la lisière du rêve - dont Béthsabée s’éprend.

1 Hormis la musique originale du film composée par Silvain Vanot avec laquelle se couple à la fin celle de Salomé Blechmans et de ses amies, "Epices", la voix-off tirée du texte écrit par Salomé Blechmans elle-même, comme les musiques entraînantes, vivantes, de Mathieu Chedid, la musique gnawa - "écho à sa nostalgie d’Essaouira" -, la sensualité du R’n’B, le gospel et Ben Harper, accompagnent le film et bercent les regards, déplacements, danses de Bethsabée

Critique dans MOOD de Noémie Lozac'h-Villain appréciation : Très Bien Notre portrait craché !

Bethsabée Pasolini, dite Bébé, a 17 ans. Elle entre en première au lycée Claude Monet, dans le 13è arrondissement de Paris. Elle y rencontre Chloé, Fleur, Mary, et Eléonore. Quand Bethsabée rentre des cours, elle retrouve ses parents, sympas et un peu dépassés devant cette chrysalide, et son frère Fabien. Bébé craque pour Simo puis tombe sous le charme du mystérieux R. Bébé adore la tarte au citron, sort en boîte, prend le bus en écoutant M.

Si ce journal intime d’une lycéenne touche juste, c’est sans doute qu’il a été écrit par Salomé Blechmans, par ailleurs son actrice principale. Fille de Charles Belmont, le metteur en scène, elle a donné à son personnage le nom d’un grand réalisateur et s’est inspirée de son quotidien. Amis, amours, emmerdes, famille, tout est dépeint avec une honnêteté naïve et sincère.

Bébé n’a rien de Hell, jeune dépravée du XVIè racontée par Lolita Pille. C’est une fille normale, au look et aux envies Mood. Alors un seul mot d’ordre : nous sommes toutes des Bébé.

samedi 13 mai 2006

Commeaucinema.com Critique du film par Éléonore guerra **

Et si Bridget Jones avait été élève de Première dans un lycée parisien ? Elle aurait sans doute beaucoup ressemblé à Bethsabée, alias l’incroyable bébé. Ici, point de courses au régime ou de cuites pathétiques, mais les fous rires, coups de gueule et interrogations sur la vie sont les mêmes. Bébé, 17 ans, mi gamine mi femme, tente de devenir adulte tout en protégeant sauvagement ses « droits d’ado ». Elle est forte et fragile, tendre et caractérielle, attachante et véritable chieuse : une vraie bombe à retardement ! Plus rien à voir avec la Vic (Sophie Marceau) gentillette et proprette de La Boum…

Surdouée (écriture, jeu, chant), Salomé Blechmans est de chaque plan et illumine l’écran, sublimée par la caméra de son père, Charles Belmont. Qui de nous deux est tout simplement un long regard attendri sur son personnage, le tout sur une bande originale acidulée très bien sentie, l’onirique M en tête. Même s’il prend parfois des aspects sitcom, le film est assez juste dans sa façon d’aborder une certaine jeunesse – l’adolescence parisienne – et d’évoquer les incertitudes de l’adolescence : l’amour, la mort, l’avenir, les copines, le chocolat… Grands paliers de la vie ou petits riens du quotidien, on suit Bethsabée - véritable bulldozer à émotions – se frotter et se cogner au monde. Si ces messieurs ne pourront que joyeusement constater à quel point les femmes viennent d’une autre planète, la gent féminine risque fort de se (re)découvrir avec tendresse dans ce portrait sucré. Attention : Risque d’une forte hausse de la consommation de Fraises Tagada et de tartines de Nutella après le film.

PHOSPHORE MAI 2006 Qui de nous deux ** Frivole et grave comme les changements d’humeur de l’héroïne.

Entrée au lycée, premières amours, grandes amitiés, rêves en pagaille, conflits avec les parents et envies de sortir… Écrit et joué par Salomé Blechmans, 17 ans comme le personnage, ce film de Charles Belmont ( le père de Salomé) trace le portrait, sous forme de journal intime, d’une fille d’aujourd’hui.




Cela flotte parfois quand le regard de l’adulte domine celui, plein de fraicheur et de justesse, de l’ado, cette « espèce de monstre mi-gamine mi-femme », comme la définit avec cruauté et humour la jolie Salomé.